Fanfiction
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On m'a oubliée...

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On m'a oubliée... Empty On m'a oubliée...

Message  Johnelizabeth Mer 30 Mai - 12:08

Auteur : Johnelizabeth
Genre : Drame
Ship : Shweir
Disclamer : Les personnages de SGA ne m'appartiennent pas !
Saison : Hors Saison
Dédicace : A toutes les couettes du monde…
Remerciements : A Ange Lily pour sa correction et à ma catimiaou pour être toujours là !
Résumé : On souhaite tous ne pas être oubliés après notre mort, on veut tous laisser un souvenir de ce que l'on a été. Les plus chanceux d'entre nous, verront une rue ou une place porter leur nom. On se souviendra de ce qu'ils ont fait, de leurs œuvres. Mais qui se souviendra de ce qu'ils étaient ? D'eux ? En tant que personne ayant eu une vie, un cœur et des sentiments… Alors je vous le demande, qui se souviendra de nous ?

***

Bonjour à toi.
Je t'écris ces mots depuis cette grande salle vide qui est devenue ma maison. Tu te souviens, là où tu m'a laissé, il y a des années. Ces murs que je côtoie depuis presque vingt ans. Presque vingt ans que tu m'as laissée là, tu me diras que tu le sais : toi aussi tu as compté les jours ? Non, tu as dû m'oublier depuis le temps. Oui, je me lamente encore mais j'en ai bien le droit et puis tu ne liras jamais cette lettre alors… comme toutes les autres, parce que je ne te les enverrai pas et pourtant je crois que si je ne t'écrivais pas je deviendrais folle. Ohh, je sais ce que tu vas dire, je suis déjà folle, je t'écris depuis des années comme si tu étais toujours là, comme si je te voyais où te parlais tous les jours, ma manière à moi de ne pas t'oublier, fais-tu la même chose ? Nan, ça doit faire bien longtemps que je n'occupe plus tes pensées. À vrai dire, cela fait déjà bien longtemps que je n'occupe plus les pensées de personne. On m'a oubliée comme on oublie du lait sur le feu, on m'a oubliée…
Moi qui voulait rester dans les mémoires, faire quelque chose d'illustre, être une femme hors du commun. Tous ces noms qu'on connaît à jamais et qui font partie de notre histoire, j'aurais aimé en faire partie, j'aurais aimé qu'au moins une personne se souvienne de moi, j'aurais aimé que ce soit toi…
Oui, je sais, j'ai dirigé Atlantis, la mythique cité des Anciens, et alors ? Qu'est-ce que ça change, cela fait si longtemps, qui s'en souviens, toi ? Nan, tu as dû enterré ça tout au fond de ta mémoire comme tu m'as enterrée. Tu as mis longtemps à m'oublier ? Tu as eu des remords ? Tu as souffert de mon absence ? Au moins, au début ? J'aime à croire que tu repenses à moi parfois, pourtant je sais que me bercer d'illusions ne m'aidera pas. Un jour, on te parlera de moi et tu te mettras à fouiller dans ta mémoire en cherchant à mettre un visage sur mon nom, tu te demanderas : "Elizabeth ? Tu es sûr que j'ai connu une Elizabeth ?" Évidemment que j'en suis sûre : c'est moi. Moi que tu as oubliée, et puis tu te diras : "mais oui, Elizabeth, je m’en souviens, elle a dirigé la Cité" et alors on m'identifiera partout comme ca, quand quelqu'un évoquera mon nom, on pensera : "la première dirigeante de la Cité", génial et la femme, qui en parle ? Ni mon métier, ni ma fonction, juste moi. Ce que je représentais pour les personnes de cette base. Qui s'en souviendra, toi ? Nan, je le sais bien, tu m'as oubliée…
Tu dois être vieux maintenant, au moins aussi vieux que moi. J'aurais aimé te voir vieillir, j'aurais aimé voir tes cheveux bruns jamais coiffés, dont tu étais si fier, devenir blancs. Rien que de t'imaginer ça me donne envie de rire. Oui, après vingt ans et malgré tout ce que tu m'as fait, tu me donnes toujours envie de rire. Tu peux le croire ça ? Nan, probablement pas…
Ohh !! Je sais ce que tu vas dire. À son âge elle pleure encore à cause de ça. Et bien oui, parce que moi je n'ai pas pu tourner la page, parce que chaque jour de ma vie, ces saletés de murs me rappellent où je suis et ce que je fais là. Je n'ai pas pu avancer et être heureuse, comme toi. Tu dois être marié maintenant, tu as probablement une charmante jolie blondasse pour femme, ne m'en veux pas; moi durant tout ce temps, je n'ai pensé qu'à toi. Tu as sûrement un petit garçon enfin qui doit avoir bien grandi depuis le temps et puis tu as une fille, et maintenant tous les deux sont mariés et heureux, et hier tu as appris que tu allais être grand-père. Non ? Ah, ta femme est brune, pardon… Ta vie doit ressembler à ça, à peu de chose près. Demain, ta femme et toi fêterez vos dix-huit ans de mariage. Oui, j'espère encore que tu as mis du temps avant de m'oublier, de te remettre de ma disparition. Tu m'as attendue ? Au moins, au début ? Non, probablement pas…
J'espère que tu es heureux et que ta femme mourra dans un horrible accident de voiture, non, tu dois toujours vivre sur Atlantis, bon et bien dans un horrible accident de dart ou alors dévorer par les wraiths, je ne suis pas exigeante, n'importe quoi, du moment qu'elle y laisse la vie. Bon, d'accord, les enfants vont être tristes, mais c'est pas une grande tragédie, une mère ça se remplace, c'est comme les poupées barbies, j'espère qu'elle n’était pas bien foutue et qu'elle est morte défigurée. Les enfants vont pleurer mais ils ont leur propre famille alors ils s'en remettront mais pas toi, parce que voyons cette brunette plus jeune que toi et roulée comme une déesse, et ben tu l'aimais, mouais c'était probablement l'amour de ta vie. Rien à faire, de toute façon elle est morte et tu sais pourquoi ? Parce que c'est moi qui écris l'histoire, tu n’es pas d'accord ? Je te rappelle que tu m'as abandonnée alors laisse-moi fantasmer, c'est tout ce qu’il me reste, avec ton souvenir, celui de ta voix, ton visage, tous nos instants. C'est trop dur. Au début, j'avais du mal à m'en souvenir. Tu sais ce qu'on dit, que quand on perd un être cher on oublie progressivement les petits détails de la vie quotidienne et bien en faite non : tout part d'un coup, c'est instantané, alors moi aussi, tu vois je t'ai oublié, du moins au début. Mais ton souvenir est revenu au galop, une fois que j'ai cessé de te haïr. Bon d'accord, je t'en veux toujours, mais j'ai réussi à suffisamment m'éloigner de la douleur pour te retrouver et tout est revenu : ton visage, ton sourire, ton parfum, ta voix, ta démarche, ta façon de manger, nos instants passés ensemble. Tout est revenu intact et indélébile. Tu restes toujours et à jamais une partie de moi, une partie que j'aurais voulu rejeter, cette partie qui refusait d'avouer qu'au fond je t'aimais. Je sais ce que tu te dis, d'abord elle tue ma femme et maintenant elle me fait une déclaration, mais pour qui elle se prend celle-là ? Et bien, je me prend pour la femme qui n'a fait que penser à toi durant ces vingt dernières années, qui est toujours derrière ce même saleté de bureau, assise sur la même saleté de chaise que le jour où elle t'a vu t'en aller. C'est le souvenir le plus net de toute ma mémoire sur toute ma vie, cet instant, si infime fut-il mais qui dura une éternité. Cet instant où tu m'abandonnas, quand tu es parti sans te retourner, ta silhouette s'enfonçant dans le couloir, ta main sur la poignée, toi qui ouvre la porte, la porte qui se renferme, mon cœur qui s'éteint…
Oui, j'aime me plaindre et non je ne suis pas une Rodney en puissance, j'ai des raisons de me plaindre. La principale étant toi, alors j'ai le droit de noircir cette pauvre feuille de papier autant que je le souhaite avec ma vie et mon triste sort. Oui, je sais, ça fait tragédie, de toute façon j'ai toujours aimé les tragédies, je n'aime pas les histoires qui finissent bien, je préfère quand les méchants gagnent et que le héros se fait dévorer par son chat. Les contées de fées ont tendance à m'irriter, tu me diras c'est normal, si je n'aime pas les histoires qui finissent bien pourquoi lire des conte de fées ? Je me le demande encore; probablement pour pouvoir les critiquer, oui, Rodney a déteint sur moi tu as gagné mais je le comprends mieux à présent, c'est la solitude qui l'a fait devenir si critique, arrogant et tout le temps en train de geindre. J'espère qu'il va bien et que tu fais attention à lui, j'espère que tu veilles tous sur eux et qu'ils vont bien. Ils me manquent, tous les jours, je pense à eux, à vous tous, cela fait si longtemps qu'on ne s'est pas vu, je me demande ce que vous devenez. Ils sont tous heureux, c'est ça ? Des enfants, des conjoints, une vie heureuse et tous les dimanche vous faites des barbecues dans un jardin et vous vous invitez tous et celui qui compte jusqu'à trois en tournant sur lui même dans le sens inverse des aiguilles d'une montre le plus en vite possible paye la prochaine bière chez Mani, le bistrot du coin. Oui mais dans ce cas, vous ne vivez plus sur la Cité, vous devez tous être trop vieux pour cela, les missions interplanétaires sont devenues trop dangereuses. En vingt ans, vous avez dû en avoir des problèmes, des morts, j'espère qu'ils sont tous en vie, je m'en voudrais trop sinon. Oui, c'est toi qui m’as abandonné et je m'en voudrais de ne pas avoir été là pour leur dernier soupir, je sais, je suis anormale. Remarque, eux aussi m'ont abandonné. Eux aussi m'ont oubliée…
Oui, je sais ils avaient une bonne raison, tout comme toi "sauver le monde", génial et pour cela il fallait me sacrifier. Bien sûr je ne suis pas morte mais qu’en est-il de ma vie ? Depuis ces vingt dernières années, rester enfermée entre ces quatre murs, non, ce n'est pas une vie, au fond je suis morte, je le sais, tu le sais, la solitude rend fou. J'aurais été trop dangereuse pour le monde après un toi venue du futur pour nous dire que j'allais changer, que j'allais détruire tout l'univers et que par ma faute, il ne resterait plus rien ! Tu parles d'un tragédien celui là aussi. Je me souviens que tu m'as regardée plus inquiet que jamais, on lui a juré que ca n'arriverait pas, il nous a juré qu'il avait tout fait pour me sauver parce qu'il tenait énormément à moi mais qu'il n'y avait aucune autre solution, j'aurais pu simplement repartir sur Terre mais le nouveau président a juger que j'étais trop dangereuse et qu'il fallait m'enfermer. Bien sûr, j'ai résisté, tu t’en souviens ça t'as brisé le cœur, je l'ai vu dans ton regard, tu avais l'air si triste, ça m'a fait si mal. Alors, depuis tout ce temps, depuis le jour où tu as refermé la porte, je suis là, toujours et éternellement là. Je sais ce que j'ai dit que je ne voulais plus jamais te voir, toi et tous les autres, que je ne voulais aucune visite mais tu n'as pas compris que j'étais en colère ? Que devoir passé le reste de ma vie entre ces quatre murs ne m'enchantait guère ? Que je ne voulais pas mourir seule ? Pourtant, tu aurais dû le savoir. Résultat : cela fait vingt ans que je suis là sans aucune visite, ni nouvelle de personne. Enfin si, j'ai appris que ma mère était morte, peu après mon emprisonnement. Depuis, plus rien, pas une lettre, je me demande parfois si vous n'êtes pas tous morts mais je pense que si tu n'étais plus là, je le saurais. Oui, ça aussi ça fait très conte de fées. Si tu savais tout ce que j'ai lu ici, quand je ne lis pas, j'écris, je t'écris la plupart du temps, sinon ce sont des lettres destinées aux autres, tous les membres d'Atlantis à qui j'ai écrit, au moins une fois. Je m'imagine vos aventures, j'écris tes rapports de mission, je t'imagine dans ta vie de tous les jours sur Atlantis, je vous imagine tous. Je t'ai écris des millions de lettres, tu n'en as lu aucune, parce qu'aucune ne t'as jamais été envoyé, j'espère quand même que tu les liras un jour, que quelqu'un les lira un jour. Tu crois qu'elles seront publiées ? Probablement, dans un grand livre qui s'appellerait "histoire d'une vie", "par amour" ou "voilà ce que la solitude donne". Et après avoir lu mon désespoir, on rangera mon bouquin tout en bas de l'étagère avec la collection de Oui-oui. Et on m'oubliera…
Tu sais, je crois que durant toutes ces années, la seule et unique chose que j'ai espéré, c'est te revoir, au moins une fois, parce que même avec tes rides, tes cheveux blancs et ta canne, je crois que je t'aimerais toujours. Malgré que tu sois parti, que tu m'ais laissée là et que tu ne sois jamais revenu. J'aurais aimé que tout cela ne soit qu'un cauchemar, je l'ai espéré, du moins, dans les premier temps. Mais un cauchemar de vingt ans, c'est trop long. Il fallait revenir à la réalité pour ne pas sombrer et bien vite j'ai décroché de la réalité pour éviter de couler. Ici, tout est tellement contradictoire, je vis seule depuis si longtemps, je crois que si je voyais quelqu'un je serais incapable d'avoir une conversation avec lui pourtant j'en sais des choses, j'en aurais des choses à raconter, rien de palpitant, rien qui vaille la peine d'être énoncé mais je vis quand même depuis vingt ans, sais-tu que je suis toujours là ? Pitié, dis moi que tu penses à moi, dès fois. Pas un jour ne passe, non, en réalité, pas une seconde ne passe sans que ton visage ne m'apparaisse. Je ne pensais pas qu'être séparé de toi aurait été si dur. Je ne pensais pas passé le reste de ma vie ainsi. Je n'ai même pas un coupe-papier pour me suicider ! Oui, j'aurais pu me laisser mourir de faim, ou m'ouvrir les veines avec un stylo à bille mais j’attends de voir. Je veux voir jusqu'où je peux aller avant de craquer. Et je dois bien avouer que je t'attends encore. Je veux voir si tu reviendras pour la fin ou si tu me laisseras là, comme il y a vingt ans. Je veux savoir, tu m'as oubliée ? Oui, probablement…

Elizabeth.
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